MATELE, le 7 mars 2016

Le député-bourgmestre de Bièvre David Clarinval revient de Palestine.

L'armée israëlienne a empêché la mission des députés belges d'accéder à la bande Gaza. "Par mesure de représailles", estime D.Clarinval.

Retrouvez l'interview en cliquant ici

•"L'objectif de la mission parlementaire était de se rendre compte de la situation sur place en rencontrant des homologues palestiniens mais aussi israëliens. Une deuxième raison était de vérifier comment sont utilisés les deniers de la Belgique car l'Etat belge finance des projets de coopération en Palestine. Or des projets financés par la Belgique ont été détruits, des écoles ont été détruites par l'armée israëlienne."

•"Nous avons pu aller à peu près partout où nous voulions aller en Palestine, c'est à dire un pays occupé à 70% par l'armée israëlienne, avec des check-points partout, des gardes du corps. Partout sauf dans la bande de Gaza, qui est contrôlée par le Hamas, considéré par l'Union européenne comme un parti terroriste."

•"On pense qu'il aurait été plus judicieux et transparent de l'autorité israëlienne de nous laisser voir ce qui se passe sur place. La bande de Gaza a la plus haute concentration de population au monde, c'est une prison à ciel ouvert et nous voulions nous rendre compte de situation décrite par les ONG comme dramatique. Nous regrettons que l'armée israëlienne n'ait pas autorisé l'accès. On a évoqué notre sécurité mais nous pensons qu'il s'agit d'un prétexte. Israël est un peu refroidie à l'égard de la Belgique depuis la résolution adoptée par le Parlement belge plaidant pour une reconnaissance rapide de l'autorité palestinienne. Nous pensons que c'est une forme de représailles de l'Etat d'Israël."

•"Je reviens avec un sentiment dépité, même un peu déprimé suite à cette visite, tant la situation est bloquée et que les forces en présence, de part et d'autre, ne sont pas décidées à avancer. Chaque partie se complaît dans ce statu quo. Les autorités sont dans une forme d'immobilité et ce au détriment de la population."

•"Nous souhaitons que la Belgique s'inscrive dans l'initiative française qui est de mettre tout le monde autour de la table. Nous devons soutenir la France dans ses efforts de paix. Nous allons rédiger une résolution pour le Parlement belge demandant au Gouvernement de joindre les efforts de la Belgique à ceux de la France. La France assortit son initiative d'une condition: si une mauvaise volonté est constatée, la France reconnaîtra l'Etat de Palestine, ce qui est de nature à inciter Israël à négocier."

•"Il faut reconnaître la grande qualité des ONG en place, malgré un travail de fourmi parfois désespérant. Nos deniers ne sont pas gaspillés. Il est important d'aider les centaines de milliers de réfugiés sur place. Mais il faut reconnaître que lorsque des écoles financées par des budgets de pays européens, dont la Belgique, sont détruites pour des raisons administratives, c'est très vexatoire. Israël utilise parfois ces avant-postes de l'Europe pour faire pression. Parfois la coopération au développement est utilisée comme otage d'enjeux qui la dépassent."

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