Les résultats budgétaires de l’année 2019 sont conformes aux attentes compte tenu de l’absence de budget et de la détérioration de la conjoncture inte

Le vice-Premier ministre et ministre fédéral du Budget David Clarinval a pris connaissance ce vendredi des résultats budgétaires de la Belgique pour l’année 2019.


Ils indiquent que le déficit budgétaire atteint -1,8% du PIB. En chiffres réels, cela représente un déficit de 8,7 milliards d’euros pour l’ensemble du pays, qui se répartissent comme suit : 7,17 milliards pour l’entité I (Etat fédéral), et 1,56 milliard pour l’entité II (Communautés, Régions et pouvoirs locaux).
La dette, quant à elle, s’établit à 99,4% du PIB. C’est la première fois en huit ans qu’elle passe ainsi sous la barre symbolique des 100%.

Au niveau des recettes fiscales, le manque à gagner est de 3,1 milliards d’euros par rapport à ce qui était initialement escompté.

En sécurité sociale, les dépenses s’établissent à 643 millions d’euros au-dessus des prévisions d’octobre 2018. C’est dû à une hausse continue des dépenses liées au vieillissement de la population, en particulier celles en pensions et en soins de santé. On constate par contre une baisse des dépenses en chômage grâce aux créations d’emplois générées par le Tax-shift.

Plusieurs éléments factuels expliquent ces résultats.
Suite à la démission du gouvernement Michel en décembre 2018, il n’a pas été possible de faire approuver un budget de plein exercice par le Parlement. Compte tenu de ce contexte d’affaires courantes durant toute l’année 2019, il n’a pas non plus été possible de continuer à opérer de contrôles budgétaires afin de mettre en œuvre des mesures correctrices permettant d’améliorer la situation des finances publiques.
En outre, au cours de l’année écoulée, la croissance de l’économie mondiale a été affectée par diverses tensions commerciales, les incertitudes entourant notamment le Brexit ainsi que le ralentissement de la production industrielle, tout particulièrement en Allemagne. Malgré cela, l’économie belge a bien résisté, avec une croissance de 1,4% en 2019 selon les dernières estimations de la BNB, contre une moyenne de 1,2% dans la zone euro.

En charge des dépenses primaires de l’État fédéral, le ministre Clarinval explique : « Globalement, les dépenses primaires sont sous contrôle, grâce à une politique de prudence budgétaire qui permet une utilisation efficiente et efficace des moyens mis à la disposition de l’Etat. Malheureusement, cela ne permet pas de stabiliser la situation budgétaire étant donné l’augmentation des dépenses de pension, la détérioration de la croissance et le niveau des recettes fiscales ».
Dans l’attente de la formation d’un gouvernement de plein exercice, il sera nécessaire de maintenir cette prudence budgétaire en 2020. Cela signifie que les subsides supérieurs à 3.100 euros, les procédures négociées qui dépassent le plafond de 70.000 euros et toutes les autres dépenses supérieures à 130.000 euros continueront de faire l’objet d’un contrôle administratif et budgétaire renforcé.

« Il est important de retrouver au plus vite un gouvernement doté de ses pleines capacités de décision et d’action afin de prendre des mesures visant à augmenter le potentiel de croissance et stimuler la création d’emploi, ainsi que des mesures assurant le redressement des finances publiques », conclut David Clarinval. « Le respect du cap budgétaire de la Belgique doit par ailleurs s’inscrire dans le cadre d’un effort collectif des différents niveaux de pouvoir. Il me semble dès lors important que les Régions et Communautés, qui disposent bien, quant à eux, de gouvernements de plein exercice depuis l’été, assument leur part de responsabilité en la matière et entament une réflexion de fond sur les mesures indispensables à la crédibilité budgétaire de notre pays ».

« Ces chiffres démontrent une fois de plus l'importance de former rapidement un gouvernement à part entière », appuie de son côté le vice-Premier ministre et ministre des Finances Alexander De Croo. « J'avais prévenu dès le départ que 2019 serait un exercice perdu. Nous devons absolument éviter que 2020 soit également une année perdue. Un gouvernement en affaires courantes n'a pas de mandat pour intervenir dans les finances publiques. »

« Dans le budget 2019, les contributions de sécurité sociale ont suivi le trajet prévu », réagit de son côté la ministre de la Santé Maggie de Block. « Des dizaines de milliers d'emplois ont été créés, principalement dans le secteur privé. Les citoyens qui contribuent à la sécurité sociale n'ont jamais été aussi nombreux. Le vieillissement de la population a un impact majeur sur celle-ci. Celui qui vieillit a besoin de plus de soins. Les dépenses en matière de pensions sont également en hausse. Elles augmentent plus vite que les revenus. C'est l'une des raisons les plus urgentes pour lesquelles nous avons besoin d'un nouveau gouvernement rapidement ».

Inscription à la Newsletter

Abonnez-vous et recevez les toutes dernières actualités
(Promotions, actions spéciales, événements, ...)